L’accompagnement spirituel est en train de se professionnaliser[1]. Le spirituel, après avoir été longtemps dénigré ou négligé par les soins, la médecine, l’éducation et le scolaire, reprend de stature, sous de nouvelles formes, plus forcément religieuses. Le CPT, « clinical pastoral training », ou un séminaire comme celui qui se tient depuis une année à l’Université de Lausanne, « Médecine, santé et spiritualité » en sont un signe.
Mais qu’est-ce, l’accompagnement spirituel ? Quelle est sa spécificité ? Qu’est-ce qui le distingue de l’accompagnement psychologique, voire de l’accompagnement pastoral ?
Sur mon site personnel ethikos.ch j’ose penser, notamment inspiré par les travaux des collègues de l’aumônerie des hôpitaux, ce qui pour beaucoup, autant du côté des Églises que du côté des institutions socio-médicales ou socio-éducatives, est encore impensable :
Le « métier d’accompagnant spirituel » qui use de « l’outil évangile » comme les autres corps professionnels usent de leurs outils, dans un courant professionnel ou une école spécifique, pour nous en l’occurrence la chrétienne (voire protestante réformée), sans revendication d’exclusivité, mais dans un champ où d’autres courants, – en plus de « l’école catholique romaine », réalité actuelle des aumôneries dites œcuméniques -, seraient bienvenus (voire indispensables). Cela nous donnerait aussi une autre et nouvelle légitimité, en tant que représentants des Églises traditionnelles de ce canton, notamment là où nos interlocuteurs chrétiens sont (de plus en plus) minoritaires. Il ne s’agit désormais plus d’évangélisation, mais d’un accompagnement d’autrui sur fond évangélique.
Armin Kressmann 2010
[1] Et échappera un jour probablement aux théologiens et aux Églises comme c’était le cas avec l’éthique médicale ou la bioéthique, mouvement initié par des théologiens mais finalement repris par la médecine.