En 2008 a été établi un rapport sur « La spiritualité dans les institutions sociales vaudoises » établi sous l’égide de la CEDIS, de la « Commission d’éthique et de déontologie des institutions sociales ».

Rapport sur la spiritualité dans les institutions sociales vaudoises accueillant des personnes en situation de handicap

En voici les résultats résumés en forme de tableau :

Les chances et les risques[1] au niveau du spirituel auxquels sont exposés les différents partenaires dans le paysage des institutions sociales

Chances Risques
Institutions de grande taille -        Richesse et diversité de l’offre-        Liberté de choix

-        Aumônerie

-        Contacts avec l’extérieur

-        Bénévoles

-        Disparité entre les groupes-        Oubli ou négligence de certaines personnes

-        Reproduction de problématiques de société en général à l’intérieur de l’institution

Institutions de petite taille -        Cohérence de l’offre-        Insertion dans un environnement (village, région, paroisses …) -        Absence d’une offre adéquate-        Unicité de l’offre rendant difficiles d’autres pratiques
Institutions avec référentiel chrétien -        Une histoire – un patrimoine – une structure-        Cohérence de l’offre

-        Reconnaissance dans un environnement social

-        Aumônerie – Contacts avec les Eglises

-        Articulation spiritualité et animation

-        Ouverture à la transcendance

-        Unicité de l’offre-        Réduction de la spiritualité au religieux
Institutions d’orientation anthroposophiques -        Cohérence de l’offre-        Richesse de l’offre

-        Globalité spiritualité et animation

-        Unicité de l’offre-        Autarcie, tout se fait à l’interne
Institutions laïques -        Respect de la liberté religieuse-        Laïcité ouverte : cadre défini pour que les différentes spiritualités puissent s’exprimer et cohabiter -        Prise en compte insuffisante du spirituel-        Laïcité fermée : évacuation de la spiritualité

-        Négligence de la transcendance

Institutions « handicap », plus particulièrement mental -        Transcendance incontournable, le handicap, notamment  mental, faisant toujours « obstacle » (scandale) dans l’immanence -        Capacité de discernement : comment respecter la volonté du résident quand il y a déficience intellectuelle et être en adéquation avec ses besoins ?
Institutions « problèmes psychiques » et « problèmes sociaux »[2] -        Capacité de discernement : respect de la volonté du résident -        Prise en compte insuffisante du spirituel-        Déficit aussi dans l’animation socioculturelle
Eglises -        Reconnaissance de l’Etat-        Institutions comme vis-à-vis de l’Etat et des institutions sociales

-        Personnes et outils

-        Spiritualité égale religiosité-        Manque de formation spécifique (adéquation au handicap ; manque en « éthique et pédagogie »)
Ecoles sociales -        Formation des acteurs-        Articulation éthique, déontologie et spiritualité -        Manque de formation spécifique (manque en « spiritualité »)
Etat -        « Reconnaissance » de la dimension spirituelle des personnes-        Droits et devoirs des résidents comme citoyens

-        Autorité : devoir de surveillance

-        Financement directe, ou indirecte à travers les Eglises

-        Confusion entre le privé et le public-        Base légale insuffisante au niveau de la reconnaissance de certains acteurs (Armée du Salut, anthroposophes, etc.)

-        Prise en compte insuffisante des besoins spirituels des mineurs vivant en institution (du fait qu’ils sont considérés comme restant chez eux en famille)


[1] « Problèmes psychiques » et « problèmes sociaux » pris ensemble parce que phénoménologiquement proches au niveau des résultats de l’enquête. Mais cela mériterait d’être approfondi.


[2] En utilisant les termes « chances » et « risques » nous essayons, dans la mesure du possible, de prendre la perspective des résidents vivant en institution.